De New York à Istanbul, de Paris à Los Angeles, jusqu’aux étendues presque irréelles de l’Antarctique, en passant par le Moyen-Orient et le Japon, une géographie des sensations se dessine. Pourtant, ce qui se raconte ici, ce n’est pas tant le monde lui-même que la répétition d’un geste : à chaque saut, une tentative de trouver ce point d’équilibre où le corps semble négocier avec les forces qui le retiennent.
Et pourtant, rien ici ne relève de l’illusion. Pas d’effets spéciaux, pas de suspension artificielle. Chaque image est saisie en temps réel, arrachée à une fraction de seconde où l’effort physique rencontre l’exigence artistique, sans aucun filtre. C’est peut-être là que réside la singularité de Mathieu Forget : dans sa capacité à transformer un geste en image, et une image en quelque chose de presque tangible.
L’exposition se prolonge dans un livre de 272 pages. Bien plus qu’un simple catalogue, il offre un autre espace de circulation à l’œuvre. Les images y respirent différemment, entrent en dialogue et se déploient à nouveau, dans un rythme plus lent, plus introspectif.
En définitive, LEVITATION ne cherche pas seulement à montrer.
Elle nous attire à elle. Elle déplace notre regard.
Et nous laisse avec une question suspendue dans les airs.